De tous les instruments de musique, l’orgue est peut-être la machine sonore qui a subi plus de changements, des pensées, des innovations techniques: les constructeurs de chaque époque et chaque région ont essayé d’ajouter de nouveaux sons et périphériques qui pourraient donner au son de l’orgue une plus grande expressivité qui l’approche d’une partie à la voix humaine, dans l’autre au son des autres instruments, sans perdre sa gravitas qui a toujours été propre du «roi des instruments».
Même chose en ce sens la choix de associer le son de l’orgue à un autre instrument, le saxophone soprano: il n’est pas consideré comme il arrive traditionnellement dans les combinaisons en duo, comme un instrument soliste, mais comme une projection de son de l’orgue vers l’extérieur, une sorte d’extension “projection” de l’instrument même, un peu “comme il arrive pour les anches (placées horizontalement en façade), si chères aux traditions ibérique et français (mais pas inconnus à celle italienne). Le saxophone donc comme un instrument dans l’instrument, dans une dialogue à l’intérieur, dans un cum certare où il n’y a pas ni vainqueurs ni vaincus, ni instrument soliste ni instrument d’accompagnement.
Tout ceci explique la choix - une sorte de manifeste du projet depuis sa création, Projet Riverberi, comme les trois enregistrements précédents témoignent- ne pas manipuler les répertoires existants, comme cela arrive souvent, mais de jeter sic et simpliciter un nouvel éclairage sur le répertoire d’orgue; le résultat permet d’entrer dans les plis de la musique et de souligner les détails que un seul un artiste, aussi avec des claviers différents et des sons différents, ne peut expliquer. C’est comme si l’organiste ait à disposition une troisième main “capable d’une sonorità intense pour souligner toutes les voix, et les mettre en dialogue avec les différents registres «intérieur» de l’instrument, de manière à créer un son mélange nouveau, mais pas irrespectueux envers les intentions du compositeur.
Mais il y a de plus: la combinaison du saxophone et orgue devient stimulant pour composer de la musique, où les deux instruments ont le maximum de liberté d’interaction et de synergie.
Ce document rend compte de ce que nous avons juste illustré: d’une partie nous avons des compositions originales pour orgue (à l’exception de Giga Marco Enrico Bossi, transcrite pour orgue par son fils Renzo et entrée dans le répertoire pour orgue) de l’autre il y a des compositions écrites spécialement pour le duo Riverberi. Le programme est organisé selon un ordre “de concert”; l’auditeur est mis en place par la sonnerie de Trumpet Tune de Floor Peeters, accompagnée par les harmonies somptueuses de l’orgue, dans un parcours à travers le XXe siècle sans ordre chronologique, mais selon un processus précis qui conduit à l’écoute maintenant plus rationnelle, maintenant à une détente émotionnelle dans une juxtaposition constante des couleurs et des images sonores. Merci à la présence du saxophone soprano, la Berceuse de Licinio Refice présente une particulière grâce d’expression, surtout quand l’instrument quitte la ligne du soprano pour se glisser dans la voix intérieure de son; les deux agréables et lumineuses pages de Marco Enrico Bossi - vrai initiateur du XXe siècle orgue italien - ne diffèrent pas, sauf pour la taille et la différence de sa densité, semblent une petite fanfare; les Chorales, op. 79 de Marcel Dupré sont un travail de valeur d’enseignement, comme l’Orgelbüchlein Bach, la référence est évidente; touts les morceaux sont caractérisés par une courte durée et l’intensité de l’écriture destinée à guider l’étudiant à surmonter certaines difficultés techniques. Les cinq miniature pour réaliser cette gravure rendent compte de la diversité qui caractérise la collection: des sons différents, différents procédés de composition, mais aussi différents temps liturgiques. L’auditeur est un peu “navigué” dans le répertoire de l’orgue sans doute s’attendre que à l’hanche de sax soit confié le thème de la chorale; souvent cette choix, qui semble évidente, est en réalité ignorée et contredite.
La pastorale de Mompou oppose une introduction délicate qui a dans son intérieur un point central de majeur tension harmonique, un deuxiem mouvement de danse, où les sons de la hanche de l’orgue et de sax se poursuivit dans une poursuite sans relache pour puis éteignez dans le mous appel du mouvement initial. Dans le morceau de Respighi, cependant, le thème de Bach Choir («J’ai mis la confiance en Dieu»), attribué à la main gauche de l’organiste, va à la voix intense du sax, en créant dans la troisième et dernière section, trois différents niveaux sonores en lieu des deux mains que l’organiste pouvait tisser. L’intime poésie de la musique de Duruflé vie intacte dans la miniature de «Hommage à Jean Gallon, qui n’est rien de plus qu’un exercice théorique: les meilleurs étudiants Gallon, professeur d’Harmonie au Conservatoire de Paris de 1919 à 1949, sont invités à composer une courte œuvre, en hommage à l’enseignant, l’étudiant Duruflé prépare une pièce de vingt-deux temps, où il donne une preuve suffisante de cette harmonique langage raffinée qui apparaisse dans les travaux de maturité.
Célèbre page du XXe siècle du répertoire français, les Litanies de Jehan Alain Voir voit le sax aller à trouver le thème (la litanie), soit qu’il est dans la région aiguë, moyenne ou grave de la page; pour comprendre l’esprit des litanies, nous ne pouvons pas ignorer ce que le compositeur lui-même fait précéder au travail même: «Quand l’âme chrétienne ne trouve plus de mots nouveaux dans la détresse pour implorer la miséricorde de Dieu, elle répète sans cesse la même invocation avec une foi véhémente. La raison atteint sa limite, seule la foi poursuit son ascension». Il s’agit de la musique d’un jeune homme, toute faite de rythme et d’énergie, comme sa sœur Marie Claire écrit: “Pour jouer fidèlement Jehan Alain on doit avant tout être naturel. Rappelons-nous que cette musique a été écrite par un jeune homme entre 18 et 28 ans. La musique naturelle est rythme, chant et danse. Elle accélère dans l’émotion et ralentit dans la méditation; elle respire au rythme des battements du cœur qui on doit se rappeler, ne sont jamais régulières coome eux du métronome.
Dans le morceau de Sløgedal l’orgue et le saxophone se partagent la déclaration des versets du choral (“Combien grande est la gloire du Fils de Dieu”) et alors le contraste des sons différents dans les variations suivantes: Song voit l’alternance de sax et Cornetto, voix distinctive de l’orgue, Fløyteljod (flûte) soulignant le flûte traversiere du clavier premier et le flût harmonique du deuxiem; dans Langeleik (instrument à cordes de musique du folklore norvégien) le sax compose à l’aiguë le thème que l’anche de l’hautbois annonce au bas; la puissance de l’instrument aux tuyaux émerge dans Frydge song (chant de joie).
Spécialement écrites pour le duo Riverberi les compositions de Berzolla Massimo, Guido Donati, Pietro Tagliaferri: dans le morceau soliste “A propos de Kyrie XI” (c’est le Kyrie Orbis Factor de la messe), le thème grégorien se déroule dans une série de changements caractérisés par l’extrême variété rythmique et dynamique; dans Ritratto une introduction expressive de l’orgue, plus tard, atteint par le sax, cède la place à une section central toute jouée sur la fluidité rythmique, la troisième section, en trio, est ancrée dans des tons doux et lyrique . Dans l’Andante Arioso et Pas de dix Donati oppose un intense premier mouvement à la vitesse typique de 10 / 8 du deuxième: d’où le flux incessant de croches, confiées aux mains et aux pieds de l’organiste voit les incursions de l’haut du sax soprano, jusqu’à la chute finale, qui s’oppose à la hausse rapide du motif donné au pédalier d’orgue, conduisant à une conclusion soudaine de la composition. Lilien, écrit à quatre mains, s’ouvre avec un léger solo d’orgue, réarrangé par le sax; l’écriture s’intensifie dans un crescendo sonore et rythmique qui donne au sax soprano toute la liberté d’improviser, dans un terrain qui est lui propre, jusqu’à un éperdu tango, l’orgue se laisse traîner dans cette nouvelle landa, et semble très amusant, lorsque il se produit dans une tourbillon section presque funky; terminée la quelle, on returne à l’atmosphère raréfiée introduite par une dialogue entre le saxophone soprano et l’hautbois de l’orgue.
Une note finale est nécessaire. L’auditeur pourra se de demander: Pourquoi le choix d’un instrument de 1882 / 4 pour un CD entièrement consacré au XXe siècle? L’instrument de la paroisse de SS. Pierre et Paul à Volpiano nous a impressionné pour la sonorità qui sait d’ancien (il est clairement entendue dans le remplissage) et pour l’extraordinaire richesse des couleurs (une impressionnante batterie d’anche, le grand orgue comme le pédalier et le présence de nombreux registres de concert très utiles pour rendre justice aux morceaux en programme), la lourdeur que les claviers offrent au touche et l’extension du pédalier - combinés avec des inévitables «maux» en raison de l’âge - ne sont pas des difficultés insurmontables, et l’éclectisme et la présence sonore l’instrument sont la meilleure justification et satisfaction esthétique. Nous osons croire que l’orgue de Joseph Bernasconi, construit en 1882 comme un instrument moderne, mais avec vieux sentiments, peut être considéré sous une autre prospective, un instrument ancien, mais des sentiments (pré-sentiments?) Moderne. Le son du sax soprano trouve dans les registres de l’orgue des compagnons de voyage, et converse avec eux, se compare, se heurte, réfléchit, se amuse: dans les morceaux de Peeters, Sløgedal (dernière modification) Berzolla (Ritratto, la section du milieu), Alain (dernière section) montre les sons cristallins de remplissage, maintenant avec les anches, pas maintenant; dans les pages Refice, Duruflé, Respighi, Berzolla / Tagliaferri le son faible et délicat de la voix céleste; le Cornetto II Sløgedal (I changement), le Cornetto I dans Berzolla (Ritratto, la dernière section; dans la première on écoute la voix humaine); la clarinette dans la première section du premier clavier de Donati (dans cette pièce est également present le tintement des Campanelli, si chère à la tradition du siècle XIX e siècle), l‘hautbois 16’ S du premier clavier de la première et la troisième partie de Berceuse.
Nous laissons le destinataire de ce disque à la découverte des saveurs et des couleurs de la musique que nous voulons lui offrir, et si par hasard il n’est pas fatigué après avoir écouté le dernier morceau (mais si nous avons vous ennuyés, croyez que nous ne l’avons pas fait exprès), n’arrêtez pas de jouer et laissez le disque fluer en liberté: autres surprises et couleurs peuvent se déployer à l’horizon ...
Stefano Pellini
(Traduction de Federica Casale)