La galoubet tambourin représente parfaitement l’esprit musical de Provence, même si le double instrument ne peut pas être considéré le symbole de la tradition locale. Si on a la chance d’assister à une des nombreuses fêtes qui ont lieu même dans les villages les plus petits de Provence, on pourra jouir du rythme pressant des mélodies traditionnelles des tambourinaires habillés avec leurs splendides et colorés vêtements populaires. Au XVIème siècle le binôme flûte et tambour représente l’instrument maître de la société de l’époque pour la danse de cour et celle populaire;
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il était joué pendant les fêtes de la cour, considérées à l’époque des lieux de perdition et par conséquence il était lié indissolublement au mal et à l’enfer. On a retrouvé nombreux témoignages iconographiques: le fresque, d’auteur anonyme, dans la chapelle de Saint Sébastien à Roubion ( département des Alpes Maritimes) nous montre le diable qui joue de la flûte à trois trous (galoubet) et du tambour. Dans l’abside de la Collégiale de Clans, dans l’ancienne comté de Nice on peut admirer un « tambourinaire diabolique » en train de chasser. Le galoubet et le tambourin ont été représentés quand même de façon beaucoup plus célestielle. Au musée San Marco à Florence on conserve un petit retable de Frère Angelico où un ange musiquant joue du galoubet et du tambourin. Une image très semblable à la précédente c’est l’œuvre de Ghirlandaio Couronnement de la Vierge, conservée dans le musée du Petit-Palais d’Avignon. Dans la Cathédrale Saint Michel de Sospel (département des Alpes Maritimes) on trouve le retable Immaculée conception peint par le célèbre peintre Francesco Brea (1530) dans lequel les anges qui entourent la Vierge jouent de la flûte à trois trous et du tambourin. Cette riche iconographie nous témoigne que l’instrument pouvait être utilisé pour jouer soi de la musique profane soi celle sacrée. Les cérémonies religieuses auxquelles participent les tambourinaires sont une sorte d’intermédiation: elles peuvent être familières, par exemple pour fêter un nouveau mariage ou communautaires auxquelles participe tout le village. Le prêtre François Marchetti, dans l’œuvre Explication des usages et Coutumes des Marseillais publiée en 1683 explique que pendant la procession de la Fête-Dieu les fifres et les tambourins réveillaient la dévotion de la population. Le document le plus ancien qu’on possède à propos de Les jeux d’Aix-en-Provence c’est une peinture d’un peintre inconnu conservée dans le musée de Veil Aix où on peut admirer le cortège des tambourinaires qui participent à la procession. A Arles le galoubet tambourin prend part à la messe de minuit de Noël en jouant des chansons provençales pendant la procession de l’offre des cadeaux. Dans l’œuvre Lou tambourin, istori de l’estrumen provençau, publiée en 1864, François Vidal affirme que le thème La Bello-Estrello (connu comme Marcho dei Rei) utilisé en suite par Bizet en Arlesienne, était joué par les tambourinaires avec l’accompagnement de l’orgue dans la Cathédrale d’Aix-en-Provence le 6 janvier, jour de l’épiphanie. Dans l’ancienne comté de Nice on avait l’habitude d’utiliser ensemble le tambourin et la flûte traversière, appelée fifre; comme la flûte devait être jouée avec deux mains, la partie rythmique dépendait d’autres musiciens. Le fifre et le tambourin étaient très utilisés dans les cérémonies profanes, comme par exemple la Passa Cariera où on jouait des farandoles et des branles le long du village ou la Stacada , une reconstruction historique de la lutte de Breil sur Roya contre le prince du village et son droit de passer la nuit avec toutes les nouvelles épouses (Ius primae noctis) ou encore pendant le carnaval Adieu, paure carnavas. Le tambourin et le fifre étaient joués aussi dans les cérémonies religieuses: Asunción et Noël. Les tambourinaires niçois jouaient au début et à la fin des fonctions religieuses pendant processions, élévation et offertoire. L’ouferta dòu festin, morceau joué le jour de la fête du patron du village, est un exemple parfait d’union de tradition et fois populaire: pendant l’offertoire de la Messe, les fifres et les tambourins jouaient l’Aire de l’offre en rejoignant l’autel. Pendant l’exécution le village offrait un coque (un pigeon ou un lapin) et vénérait les reliques du saint patron; on jouait d’habitude des chansons pour les femmes et des chansons pour les hommes. Et l’orgue ? Quelle était sa fonction pendant les manifestations religieuses? Jusqu’à présent on ne connaît aucune œuvre pour galoubet, tambourin et orgue, mais probablement au XVIIIème siècle Antoine Colesse, un organiste de Marseille, écrive des pièces pour les trois instruments. Au XIXème siècle, à Aix-en-Provence naît l’Acadèmi doi Tambourin pour la valorisation du patrimoine musical traditionnel de laquelle font partie Poncet et le canonique Charbonnier, organiste de la Cathédrale de la ville et auteur de 75 Noël de Saboly arrangé pour orgues. Dans la même récolte font partie aussi 3 aubades avec tambourin où l’orgue accompagne le galoubet tambourin. Toujours en Provence, l’ensemble des tambourins joue d’habitude comme accompagnement de l’orgue, comme témoigne de la cérémonie du 13 janvier 1929 dans la paroisse du Sacré Cœur de Marseille où la Marche des Rois est jouée d’une façon très suggestive par l’ensemble des tambourins de Santo Estrello et par l’orgue.
ANONIMO di PROVENZA
1. Belle Doëtte
1’48”
(trad. Provenza, galoubet in si naturale)
ATTAINGNANT PIERRE
« Le Roy danse » : airs de la Renaissance (organo e percussioni)
2. La corante du roy
0’59”
(Bernhart Schmid le Vieux, 1577)
3. Ungarescha und Saltarello
1’47”
(Jacob Paix, 1583)
4. Schirazula Marazula
0’37”
(J.Paix, 1583)
5. Ein gut Welish tentzlein
0’57”
(Hans Newsiedler, 1544)
SÉVERAN/strong>
Suite in mi (galoubet, organo e percussioni) (manoscritti di Jean-Raymond Cavailler, 1771)
6. Allegro
2’36”
7. Menuet
1’32”
8. Gigue
0’57”
9. Rigaudon
1’19”
ANONIMO ITALIANO da “Intabolatura Nova”del Gardano, 1551:
10. Salterello del Re
0’45”
11. Passamezzo antico
1’06”
12. Le Forze d’Hercole
1’07”
13. Venetiana gagliarda
1’21”
MICOLAU SABOLY Noëls provenzali: (galoubet, tambourin e organo)
14. Canten Nouvé
4’44”
15. Gai roussignou sauvagi
2’20”
16. La cambo me fai mau
2’39”
MICHEL CORRETTE
da « Pièces complémentaires pour orgue » :
17. Les Giboulées de Mars
3’27”
18. Feste sauvage
0’50”
(Pr. Tambourin)
19. Rondeau
1’02”
(2è Tambourin)
da « Nouveau Livre de Noëls » :
20. Noël Provençal
3’02”
(organo, galoubet e tambourin)
SUITE du COMTE’ de NICE
21. Pièce d’orgue
5’01”
(dal manoscritto d’Entrevaux, organo)
22. L’offerte des festins,
2’43”
ouée à l’èglise de Lantosque au moment de l’offerte
(tradizionale valle de la Vesubie, fifre di canna in sol, organo)
23. La Diana des soldats de Napoleon
1’45”
jouée dans l’èglise à l’elévation
(tradizionale valle de la Vesubie, fifre di canna in sol, tamburo)
24. Musette I e II
1’51”
(dal Manoscritto d’Entrevaux, organo e organetto)
25. Marcho per lei Proucessien
1’34”
trad. Contea di Nizza, fifre di canna in re, organo e percussioni)
ANONIMO PROVENZALE
26. Adiéu, paure Carnavas (Air de la Fougère)
3’11”
(Aria con variazioni per galoubet in sol, tambourin e organo)